Triathlon de Auch

  • natation 1,5 km
  • vélo 40 km
  • cap 10 km

L’heure du réveil est annoncée par les cris de mon fils : « maman j’ai fait pipi ». Décidément, les enfants ne nous laissent pas de répit, même le matin des courses… J’ouvre les volets et me retrouve face à un  spectacle de désolation : la pluie. Mais tant pis, plus de renoncement possible, c’est le seul triathlon que je peux encore faire dans la saison et je n’a tout de même pas pris la licence pour rien !

J’avale mon petit déjeuner la boule au ventre. J’ai déjà usé tous mes freins dans les descentes à l’entrainement, si la route est mouillée je n’ai pas fini de serrer les fesses !. Je vérifie mon post it récapitulant sommairement ce qu’il ne faut pas oublier : "jambon, yaourts, jus d’orange". Zut, ce n’est pas le bon… J’ajoute le KWay, je cherche mes clefs de voiture pendant un quart d’heure. Et j'entends alors "Si tu les rangeais toujours au même endroit, tu n'aurais pas ce problème ! Moi je dis ça...". J'ignore la remarque, passe chercher Marion et nous nous mettons  en route pour Auch.  A l'occasion de mon premier triathlon, je suis bien accompagnée: ma copine a été championne du monde et vice championne olympique en vélo. Tant que personne ne m'a vue à l'oeuvre je peux en proviter pour me pavaner à ses côtés ! Pensant que le parc à vélo fermait à 14 heures, nous nous y rendons rapidement avec une énorme caisse contenant  nos affaires, coincée entre le bras, la hanche et le menton, le vélo dans la main qui reste libre.  Il faudra que j'apprenne à faire rouler mon vélo tout droit avec une seule main comme Marion car que le mien tournait à droite puis à gauche ce qui pouvait laisser croire que j'avais forcé sur l'apéro dès le petit déjeuner. En arrivant, surprise, le parc est encore fermé. Un mec sympa nous laisse rentrer, vu qu’on est chargées comme des mules. Une fois les affaires posées on aimerait bien  aller s’échauffer un peu en vélo. Mais voilà, on ne peut pas sortir son vélo du parc... Après moult discussions, et voyant notre incompétence évidente en triathlon un arbitre nous laisse sortir avec nos engins. Un petit tour d’échauffement me procure un énorme soulagement : la chaussée a séché (remarque : on peut essayer de le dire très vite c’est un excellent exercice de diction).

Retour au fameux parc à vélo. Le commentateur de la course très professionnel vient en quête de renseignements (oui je m’appelle Caroline, non il ne m’a jamais vu car c’est mon premier triathlon Courte distance …). Je me lance dans l’opération enfilage de combinaison et j’en profite pour repérer autour de moi tout ce que je ferais la prochaine fois. Je bénéficie d’un bon conseil : il faut mettre directement le dossard sous la combinaison ça permet de gagner du temps à la transition. Après 10 minutes passées à me débattre avec le néoprène je dégouline de transpiration. En effet, c’est le moment que le soleil à choisi pour briller pleinement. On m’explique qu’il faut mettre mon casque sur le vélo du bon côté et les lunettes dans le casque ainsi elles seront plus vite enfilées. Je suis fin prête, mes affaires aussi, je me dirige donc vaillamment vers le Gers. Je m’étais psychologiquement préparée à ne pas retrouver les petits carreaux bleus auxquels je suis habituée, mais la couleur marron foncée me surprend tout de même : Lorsqu’on a de l’eau à la cheville on ne voit déjà plus ses doigts de pieds. Deux minutes d’échauffement, ou plutôt de rafraichissement (température à 20°), ça fait du bien après s’être activé pour rentrer dans la combi puis tous les concurrents se dirigent vers la ligne de départ.

Et c’est parti. Par rapport à ma piscine habituelle, il manque la ligne d’eau au fond qui permet d’aller d’un point à un autre par le plus court chemin mais tant pis, je m’adapte et opte pour la technique slalom.  Je trouve tout de même qu’on est un peu serrés : un bras par ici, une jambe par là. Après avoir négocié non sans mal quelques virages autour des bouées (d’habitude, il y a un mur on fait une pirouette et on pousse ça aide pour relancer) et évité quelques branches d’arbre, voici la fin de la natation. Sortie de l’eau : j’arrache mon bonnet que je remets aux organisateurs, j’attrape la ficelle de la combinaison et tire, ah zut, il fallait d’abord enlever le velcro…  Je cours chancelante jusqu’à mon vélo. Un petit coucou au mari et aux enfants venus me soutenir.

-« Allez Caro c’est bien »

- « Allez maman cette fois t’es pas dernière ».

J’enlève tant bien que mal ma combi et là le commentateur (qui s’était préalablement renseigné rappelez vous) commence à s’intéresser à moi:

-« voici la petite Caroline HIEBEL qui sort de l’eau, c’est son premier triathlon … »

J’essuie mes pieds péniblement, enfile avec grand difficultés mes chaussettes et mes chaussures,

-« …eh oui, difficile la transition … »

Mon vélo tombe avec le casque et les lunettes que j’avais pris grand soin de préparer,

-«… ça fait mal… ».

Je ramasse le vélo mets mes lunettes, attache mon casque et m’apprête à repartir. Mais un arbitre m’arrête :

-« Le dossard ?» ; 

Ce dernier était parti avec la combi. Je le récupère, le passe et part en courant très à l’aise avec mes chaussures de vélo.

-« …Ah là là Caroline qui part à droite de son vélo, ça va être difficile à moins qu’elle ne soit gauchère Caroline ? …».

Ah bon, y’a un sens pour monter sur son vélo ? Pas contrariante, je change de côté, passe la ligne et me voici partie sur le vélo, bien contente de ne plus entendre de commentaires.

Et là on est beaucoup moins serrés que dans l’eau. Il y a bien des concurrents qui me doublent régulièrement mais personne ne reste avec moi. Marion, que le fameux commentateur attendait avec impatience à la sortie de l’eau, passe telle la fusée « Allez Caro, baisse tes mains, change de plateau,….. ». Moi qui pensais qu’il suffisait de pédaler… Au début ça monte légèrement puis inévitablement arrivent des descentes, pas énormes, soit, mais ça descend quand même. Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux qui ont du se déporter sur la voie de gauche pour pouvoir passer : si je roule au milieu avec les mains crispées sur les freins et la mâchoire serrée c’est parce que j’ai peur ! J’ai quand même trouvé une copine vers la moitié du parcours pour jouer avec moi : « tu me doubles, je te double » c’est plus rigolo comme ça.

Arrive la fin du vélo et je négocie royalement ma seconde transition (un peu d’auto-contentement ne nuit pas). Mon vélo ne tombe pas, j’enlève rapidement mes chaussures, rentre instantanément dans mes running (merci les lacets autobloquants). J’ai tout de même droit à une remarque –« Enlèves ton casque …». Un tout petit oubli ! Sur la course à pieds, je me sens un peu seule par rapport aux traditionnels 10km que j’ai pu faire, et on a changé mes jambes contre deux chamalows. Mais comme c’est un aller-retour, on croise les copains en face et c’est sympa. La course se termine par deux tour d’une piste d’athlétisme, je m’y suis retrouvée isolée, les autres concurrents étant trop loin devant, et donc  seule cible des commentaires:

-« …et voilà la PETITE Caroline … »

Il me manquait celui-là !

J'ai tout de même fini par passer la ligne d'arrivée, ça y est j’ai fait mon premier triathlon courte distance !